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Pourquoi le prix du pétrole chute en 2025 ? Entre géopolitique, finance et économie mondiale

Depuis le début de l’année 2025, le prix du baril de pétrole Brent, la principale référence mondiale, a chuté d’environ 20 % passant de plus de 85 dollars à 68,4 $/b en milieu de semaine (son plus bas niveau depuis 2021). Une baisse significative qui a des répercussions bien au-delà des marchés énergétiques. Mais comment expliquer ce phénomène ? Et surtout quelles en sont les conséquences concrètes ?


Les causes ? Un marché saturé et un contexte économique fragile…


La première cause de cette chute est l’augmentation importante de la production mondiale, notamment du côté de l’organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP+). Tout d’abord, qu’est-ce que l’OPEP ? C’est une organisation intergouvernementale créée en 1960 qui regroupe 12 pays membres (Algérie, Arabie Saoudite, Congo, Émirats arabes unis, Gabon depuis 2016, Guinée Équatoriale, Iran, Irak, Koweït, Libye, Nigéria, Venezuela), qui vise à garantir les intérêts des pays exportateurs de pétrole et à assurer la stabilité et l'approvisionnement des marchés pétroliers. Mais alors quelle est la différence avec l’OPEP + ? Il s’agit ici d’une alliance créée en 2016 qui regroupe les pays membres de l’OPEP et 10 pays non membres (Azerbaïdjan, Bahreïn, Brunei, Kazakhstan, Malaisie, Mexique, Oman, Russie, Soudan et Soudan du Sud). Depuis cet été, ces pays ont décidé de relâcher les quotas de production fixés pendant la période post-Covid. L’objectif dans cette démarche est de regagner des parts de marché et répondre à la demande qui était alors perçue comme solide.


Cependant, au moment où ces pays ont décidé de produire davantage, la demande mondiale de pétrole diminuait à cause du ralentissement économique. Les fortes tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis, les politiques monétaires restrictives menées pour lutter contre l’inflation, et une baisse de la demande énergétique en Europe ont limité la consommation de pétrole. Et le résultat est sans appel, il y a trop d’offre par rapport à la demande et donc le prix baisse. Il s’agit tout simplement la loi de l’offre et de la demande.


De plus, le contexte géopolitique a aussi son rôle. Pour compenser la baisse de ses revenus due aux sanctions occidentales, la Russie a choisi de vendre massivement son pétrole à prix cassé à certains pays asiatiques. Cela a contribué à tirer les prix mondiaux vers le bas.



Les conséquences => un effet domino de la pompe à la Bourse


La chute du prix du pétrole a de multiples conséquences à la fois positives et négatives selon les acteurs concernés.


Pour les consommateurs ?


C’est évidemment une bonne nouvelle. Un pétrole moins cher signifie des carburants plus abordables à la pompe, même si cette baisse de prix reste tout de même limitée. En France par exemple, les prix du litre d’essence ont reculé de près de 10 centimes depuis septembre.

Cela allège un peu les dépenses des ménages déjà touchés par la hausse générale des prix, rendant le coût de la vie déjà assez compliqué. Et comme le pétrole entre dans la fabrication et le transport de nombreux produits, il contribue aussi à ralentir l’inflation globale.


Pour les entreprises ?


Les entreprises fortement consommatrices d’énergie (comme les compagnies aériennes, le transport routier ou la chimie) bénéficient également d’avantages qui découlent de cette baisse. Leurs coûts de production diminuent ce qui peut améliorer leur rentabilité à court terme.

Mais la situation est plus difficile pour les entreprises pétrolières. Des géants comme Total Energies, Shell ou Saudi Aramco voient leurs marges se réduire et leurs profits chuter. Les investisseurs réagissent immédiatement et les actions de ces groupes ont perdu entre 8 et 15 % sur les marchés boursiers depuis l’été. Les États producteurs, eux, encaissent moins de revenus ce qui déséquilibre leurs budgets publics, notamment dans les pays où le pétrole finance une grande partie des dépenses (comme l’Arabie Saoudite ou le Nigeria).


Pour la finance mondiale ?


La baisse du prix du pétrole se traduit aussi par des mouvements sur les marchés financiers. Les investisseurs cherchent à se protéger et déplacent leur argent vers d’autres actifs considérés comme plus sûrs, comme le dollar ou les obligations d’État. Le pétrole est coté et échangé en dollars sur les marchés mondiaux ce qui signifie que toutes les transactions se font dans cette monnaie. Ainsi, toute variation du dollar influence directement le coût du baril pour les pays dont la monnaie est différente.

Donc plus concrètement, si le dollar se renforce (parce que tout le monde en achète pour se protéger), le pétrole devient plus cher pour les pays qui utilisent d’autres monnaies (comme l’euro, le yen, etc…), donc ces pays achètent moins de pétrole, ce qui fait encore baisser la demande, et donc le prix du pétrole continue de baisser. Ce cercle vicieux alimente donc la volatilité des marchés, un phénomène que surveillent de près les analystes financiers.


Un phénomène révélateur des liens entre énergie et finance


La chute du prix du pétrole rappelle à quel point les marchés énergétiques et financiers sont étroitement liés. Une simple décision politique ou une variation de la demande mondiale peut avoir des effets en chaîne sur les États, les entreprises, les ménages, et même sur la Bourse. C’est un parfait exemple de la mondialisation économique, où tout est interconnecté.


Finalement…


La baisse du prix du pétrole en 2025 n’est pas seulement une histoire de baril et de carburant. C’est une démonstration grandeur nature de l’équilibre fragile entre offre, demande, géopolitique et finance mondiale, un sujet qui montre à quel point comprendre l’économie, c’est avant tout comprendre le monde qui nous entoure.



 
 
 

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